Soult Jean de Dieu, Duc de Dalmatie.

samedi 20 décembre 2008


Jean de Dieu, Duc de Dalmatie, Maréchal en 1804
(Saint-Amans-La-Bastide, aujourd’hui Saint-Amans-Soult (Tarn), 1769, Saint-Amans-la-Bastide, 1851)

Auteur : Jean-Louis Enjolras - Cercle Histoire et Figurines

Décorations : Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Titres : Maréchal d’Empire en 1804 Pair de France sous Charles X Maréchal Général de France sous Louis-Philippe

Fils de Jean Soult (1726-1779) marié depuis juillet 1765 à Marie-Brigitte de Grenier de La Pierre issue d’une famille de gentilshommes verriers ; sept enfants de cet union :
- Marie-Jeanne en 1766-1800
- Joséphine en 1767-1769
- Jean de Dieu en 1769
- Pierre-Benoît en 1770
- Jean-François en 1771
- Marie-Sophie en 1773
- Antoine en 1775 ; grenadier au 2ème bataillon du Tarn , il meurt à l’hôpital ambulant de Sorde-l’Abbaye près de Bayonne en 1793.

Jean de Dieu est l’aîné et de ce fait destiné à reprendre l’étude, de son père notaire office de Labacarède puis de Saint Amans en 1772. Il n’en fut pas ainsi...

Notre jeune Jean de Dieu a grandi au milieu d’une nature sévère mais attachante, le pays est dur, nous y vivons de façon frugale à l’image du citoyen romain mouture Caton l’Ancien. Son père meurt en 1779, laissant une veuve attristée mais non abattue, c’est avec une énergie peu commune qu’elle élève ses enfants, endurcissant plus particulièrement les garçons. Il reçoit une bonne éducation, d’abord de sa mère, puis de son oncle l’abbé Joseph Soult qui lui donne quelques rudiments de latin et sans doute sa belle écriture. Sa mère essayera de le placer successivement chez deux notaires, sans succès ; le bonhomme est frondeur.

Entre février et avril 1785, il embrasse la carrière des armes ; parcourons ensemble le récit qu’il en fait dans ses Mémoires : " Je n’avais pas encore seize ans, au mois de février 1785, lorsque je me déterminais à suivre le penchant que, depuis mon enfance, je m’étais senti pour la carrière militaire. J’entrai au service dans le régiment royal-infanterie que je rejoignis à Saint-Jean-d’Angély. " Sa première solde permet d’épargner à sa famille la saisie des meubles.

En 1787, il tente un retour à la vie civile mais c’est un cuisant échec, il réintègre le Royal-Infanterie (futur 23ème Régiment d’Infanterie).

Après la Révolution de 1789, il continue à gravir les échelons de la carrière militaire, sa soif d’apprendre lui est un fidèle allié : Caporal le 31 mars 1791, puis Caporal Fourrier, et Sergent le 1er juillet 1791. Fin janvier 1792 le Sergent Soult est envoyé comme Officier instructeur(avec le grade de Sous-Lieutenant) au 1er bataillon des volontaires du Haut-Rhin. Ils rejoindront au Printemps le Corps du Général Kellermann. Au mois de juillet 1792, Soult est nommé, par acclamation, Adjudant-Major. En novembre 1793, son bataillon est détaché de l’armée du Rhin pour être envoyé à l’armée de Moselle que commande le Général Hoche, chargé de sauver Landau. Ce qu’il fera.

Nous le retrouvons, toujours dans la même armée qui désormais s’appelle Armée de Sambre et Meuse, avec Jourdan, la campagne s’avère dure. Jourdan prends Charleroi puis s’impose le 26 juin 1794 à Fleurus, offrit une belle victoire, où se distingue le " Colonel " Soult, à la droite de la division Lefebvre, il a cinq chevaux tués sous lui. Après cette belle journée un rapport spécial concernant Soult est adressé au Comité de Salut Public, il est élogieux et les voies de la carrière lui sont ouvertes ;

" ...Remplirait le grade de général de brigade ou de division avec distinction, ayant une activité et des connaissances peu communes. " Cette appréciation est signée par le Général de Division Lefebvre. Il est effectivement nommé Général de Brigade.

Deux ans plus tard, il s’illustre à la bataille d’Altenkirchen le 4 juin 1796.

En septembre 1799, devenu Général de Division à l’Armée d’Helvétie, il prend part à la victoire de Zurich sous les ordres de Masséna. Il le suit à l’Armée d’Italie et prends part à la défense de Gênes, tandis que Bonaparte franchit le col du Grand-Saint-Bernard.

A la fin de l’année 1800, il est chargé par le Premier Consul de pacifier le Piémont. En 1802, Soult est devenu Colonel Général de l’infanterie légère de la Garde consulaire et zélé bonapartiste. L’avènement de l’Empire lui apporte titres et gloire. Il est nommé Maréchal le 19 mai 1804 (première promotion) et Grand Officier de la Légion d’Honneur.

Il est nommé Commandant du camp de Saint-Omer à Boulogne, il forme le IV Corps de la Grande Armée, imposant une discipline sévère à ses hommes. C’est le début d’une réputation de chef exigeant qui lui vaut le surnom de " Bras de Fer " par ses soldats. Son Corps d ’Armée est aux premières loges au cours de la bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805, en s’emparant du plateau de Pratzen. Napoléon ne manque pas de le complimenter, le qualifiant de " premier manœuvrier d’Europe ". Dans la campagne de Prusse, il s’illustre à nouveau à Iéna le 14 octobre 1806 et à Eylau le 8 février 1807. Dans la foulée il prends Koenigsberg le 16 juin 1807.

En 1808, il retrouve des températures plus clémentes car il accompagne Napoléon Ier en Espagne. Il est fait Duc de Dalmatie, il commande le IIème Corps de la Grande Armée. D’abord victorieux à La Corogne obligeant les Anglais à se rembarquer puis il conquiert le Portugal. Il y impose l’ordre Soultesque et laisse parler de lui comme le futur Roi du Portugal. Wellington avec son panache à la grand-bretonne le bat à Oporto. Soult reprends sa revanche par sa brillante victoire d’Ocana le 18 novembre 1809. Major Général de Joseph, restauré sur le trône espagnol, il parvient à soumettre l’Andalousie en 1810 et devient le gouverneur de cette province. Il force les Anglais à lever le siège de Badajoz en 1811. Sa mésentente avec le roi Joseph Bonaparte l’amena à demander son rappel en 1813 et il quitta l’Espagne, où il s’était enrichi par des pillages assez gras.

Dans la Campagne d’Allemagne de 1813, il contribua à la victoire de Bautzen, mais, après la victoire de Wellington à Vittoria, Napoléon le renvoya à brides abattues dans la péninsule. Par sa brillante tactique, il réussit à freiner l’avance de l’Armée anglo-espagnole, il se bat à un contre quatre, disputant le terrain pied à pied en Espagne puis dans le Midi de la France, livrant les ultimes combats, à Orthez le 27 février 1814 où il est battu. Mais aussi à la bataille de Toulouse le 10 avril 1814 où il soutint le siège à un contre quatre jusqu’à la nouvelle de l’abdication de l’Empereur.

Apprenant la Restauration des Bourbons, il manifesta aussitôt un ardent royalisme qui lui valut d’être fait Pair de France et ministre de la Guerre.

Au retour de l’île d’Elbe, il lança une proclamation traitant Napoléon d’ " usurpateur " et d’ " aventurier " ,puis il se rallia à l’Empereur restauré, qui le nomma Major Général de l’Armée. S’il n’atteint pas l’efficacité de Berthier, il combat bravement à Waterloo, du 15 au 18 juin 1815.

Après la défaite, il se retire dans son château de Solberg parmi une très belle collection de tableaux de maîtres espagnols, fruit de ses pillages. Ses protestations n’ont pas infléchi le Roi. Il sera pardonné en 1819 et rétabli dans ses titres en 1820.

Soult accueillit avec joie la monarchie de Juillet : ministre de la Guerre en 1830-1831, il réprima l’insurrection de Lyon ; président du Conseil en 1832/34, il fit exécuter l’expéditiond’Anvers ; en1838, il se rendit à Londres pour représenter la France au couronnement de la reine Victoria et il fut l’objet de manifestations enthousiastes de la part des Anglais ; de nouveau président du Conseil en 1839/40 et de 1840 à 1847, mais d’une manière toute formelle, car Guizot exerça la réalité du pouvoir.

Il dut se retirer pour raisons de santé et Louis-Philippe lui donna le titre exceptionnel de Maréchal Général de France, qui n’avait été porté avant lui que par Turenne, Villars et le Maréchal de Saxe.

Soult a laissé des Mémoires (1854).


Agenda

<<

2012

>>

<<

Mai

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois