Pie VII, Barnabé Chiaramonti.
Barnabé Chiaramonti
(Césène, légation de Forli, 1742 - Rome, 1823)

Pape de 1800 à 1823, signataire du Concordat de 1801, adversaire tenace de Napoléon qui le retient prisonnier à Fontainebleau.
A l’âge de seize ans, il entre comme novice à l’abbaye des bénédictins de Santa-Maria-del-Monte, non loin de sa ville natale. Très versé dans les sciences profanes et sacrées, il enseigne dans des collèges de son Ordre dont le droit canonique au couvent de Saint-Calix. Vingt-quatre ans de vie monastique le forment au détachement du monde et des choses matérielles. En 1782, Pie VI le fait évêque de Tivoli puis, en 1785, lui confie le diocèse d’Imola. En cette même année, il le crée cardinal. Lors de l’invasion des légations par les armées françaises en février 1797, Chiaramonti refuse de fuir son diocèse, comme l’a fait l’évêque d’Ancône. Cette conduite courageuse est remarquée par Bonaparte.
Le futur Pie VII se veut conciliant vis-à-vis de la politique du vainqueur. Le concile de Venise l’élit Pape le 14 mars 1800 après trois mois et demi de délibérations souvent houleuses. Le 3 juillet, Pie VII fait son entrée solennelle dans Rome et choisit l’habile Consalvi comme secrétaire d’Etat. Le pape porte ses soins vers l’administration intérieure, encourage l’essor du commerce et la renaissance des beaux-arts. Conscient de la nécessité politique de se rapprocher de la République et soucieux de sauver l’Eglise de France des dangers de la guerre religieuse, il entre en négociations avec le Premier Consul. Il en sort le Concordat de 1801.
Ses relations avec Bonaparte devenu empereur se tendent au point que Napoléon, en conflit ouvert avec la papauté dans la plus pure tradition gallicane, le fait arrêter et transférer, d’abord à Savone puis à Fontainebleau (juillet 1809- janvier 1814). La fermeté de caractère de Pie VII et la force de son détachement l’encouragent à une résistance passive qui déconcerte l’Empereur. Au début de la campagne de France, les premiers revers militaires engagent Napoléon à libérer son illustre prisonnier et à le renvoyer en Italie (janvier 1814). Son retour à Rome est triomphal (24 mai).
En 1815, le souverain pontife a la consolation de voir l’intégrité et l’indépendance de ses états respectées par le congrès de Vienne. La papauté sort grandie du conflit qui l’a opposée à Napoléon. Elle remporte même quelques succès diplomatiques, dont un échange d’ambassadeurs avec Londres. La fin du règne se caractérise par une restauration politique et religieuse qui se réalise par la signature d’une série de concordats entre Rome et la Bavière, la Russie, Naples, le Piémont, la Suisse et la France de Louis XVIII (en 1817 mais jamais appliqué).
Par ailleurs, Pie VII sait pardonner à ses ennemis. Il offre l’hospitalité aux membres de la famille impériale bannie de France. Il va jusqu’à intervenir auprès de Londres dans l’espoir d’obtenir un adoucissement des conditions de captivité de Napoléon à Sainte-Hélène. Il meurt le 20 août 1825 des suites d’une chute accidentelle.