Mortier Adolphe Edouard Casimir Joseph, duc de Trévise, Maréchal.

samedi 20 décembre 2008


Adolphe Edouard Casimir Joseph, duc de Trévise, Maréchal (1804)
(Le Cateau, Cambrésis, 1768 - Paris, 1835)

Mortier a déjà fait ses preuves quand il rencontre Bonaparte. Il est présent dans toutes les batailles importantes de la fin de l’Empire.

Mortier s’engage dans la Garde nationale au début de la Révolution. Ce fils d’un drapier député du Tiers Etat sert dans l’Armée du Nord, avec distinction lors des batailles de Jemmapes (6 novembre 1792) et de Fleurus (26 juin 1794). Il est nommé adjudant-général, commande l’avant-garde de l’Armée de Sambre-et-Meuse et participe à la bataille d’Altenkirchen (4 juin 1796). Il refuse le grade de général de brigade en 1797, grade qu’il finit par accepter en 1799. En 1799, il sert dans l’Armée d’Helvétie, sous les ordres de Soult et participe à la bataille de Zurich (25-26 septembre 1799). Sa conduite lui vaut les recommandations de Masséna, et il est confirmé au grade de général de division en octobre 1799.

Il est affecté à l’armée chargée de conquérir le Hanovre en 1803 ; il occupe et soumet tout le pays. A son retour à Paris, il est nommé colonel- général de la Garde consulaire et maréchal en 1804. L’année suivante, il dirige l’infanterie de la Garde impériale. Il se distingue à Durrenstein (11 novembre 1805) où il résiste à 30000 Russes avec 4000 hommes. Il combat à Austerlitz (2 décembre 1805).

Ce sera ensuite la campagne de Prusse, la conquête du Hesse et du Hanovre. Mortier fait montre de modération envers le pays occupé. A Friedland le 14 juin 1807, il commande l’aile gauche. Après la signature de la paix, il est nommé gouverneur de la Silésie et duc de Trévise, titre assorti de rentes.

En Espagne en 1808, Mortier participe au siège de Saragosse à la tête du Vème corps et remporte notamment les victoires d’Ocaña le 18 novembre 1809 et de Gebora, le 19 février 1811. Il participe ensuite à la campagne de Russie, en 1812, à la tête de la Jeune Garde. Gouverneur de Moscou quand la ville est occupée, il a ordre de faire sauter le Kremlin après le départ des troupes françaises. Il se contente de détruire l’arsenal et les casernes. Lors de la retraite, il participe à la bataille de Krasnoè (17 novembre 1812) et au franchissement de la Bérézina (27-28 novembre 1812).

A Francfort-sur-l’Oder, il recompose la Jeune Garde, dont il aura le commandement les deux années suivantes. Mortier est de toutes les batailles importantes ; en Allemagne d’abord, Lützen (2 mai 1813), Bautzen (20-21 mai 1813), Dresde (25-26 août 1813), Leipzig (16-19 octobre 1813)… puis en France, Montmirail (11 février 1814), Laon (9 et 10 mars 1814), Paris (31 mars 1814) enfin, où il ne se rend qu’après avoir appris la défection de Marmont le 8 avril 1814.

A la première abdication, Mortier, devenu immensément riche, se rallie à Louis XVIII, qui le fait chevalier de Saint-Louis et pair de France. Napoléon revenu, il le soutient sans grand enthousiasme. Malade, il ne prend aucune part à la campagne de Belgique. Il accepte ensuite de faire partie de ceux qui vont juger Ney. Le jury se déclare incompétent ; Louis XVIII disgrâcie ses membres.

Mortier est toutefois bientôt député et retrouve après 1830 tous ses titres de gloire. Il est alors brièvement ambassadeur en Russie, encore plus brièvement ministre de la Guerre. Le 28 juillet 1835, lors d’une parade de la Garde nationale, il est tué par l’explosion d’une machine infernale, dans un attentat contre Louis-Philippe.


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