Moncey, Duc de Conegliano, Maréchal.
Bon-Adrien Jannot, duc de Conegliano , Maréchal (1804).
(Moncey (Doubs), 1754 - Paris, 1842)

Moncey est une figure à part dans la liste des maréchaux d’Empire. L’un des doyens, il a conquis sa gloire avant le Consulat. Peu présent sur les champs de bataille depuis, il reçoit néanmoins titres et honneurs.
Moncey s’engage dans l’armée à 15 ans, au désespoir de son père, avocat au Parlement de Besançon. Lieutenant en 1785, il poursuit son ascension lors de la Révolution. En 1791, il est capitaine. Deux ans plus tard, il sert dans l’Armée des Pyrénées occidentales contre les Espagnols. Il est bientôt général de division. Après avoir occupé la Navarre et le Pays Basque, il prend Bilbao le 19 juillet 1795. Il signe le traité de Saint-Sébastien, qui aboutira à la paix de Bâle.
En 1797, après le 18-Fructidor, Moncey est dénoncé comme royaliste et destitué. Rappelé en 1799, favorable à Bonaparte, il prend part au Coup d’Etat du 18-Brumaire. Il est ensuite nommé au commandement d’un corps en Italie en 1800. Cependant, en août, il refuse de participer à l’occupation des Etats Pontificaux sous Murat. Bonaparte ne lui en tient pas rigueur et le nomme inspecteur général de la gendarmerie, poste que Moncey conservera jusqu’en 1815.
Comblé d’honneurs à l’avènement de l’Empire, Moncey est rappelé en 1808 en Espagne, où il prend part aux sièges de Valence et de Saragosse. Bien qu’il reçoive le titre de duc de Conegliano, il ne sera plus chargé de commandements importants.
La guerre vient pourtant jusqu’à lui ; le 30 mars 1814, il est l’un de ceux qui défendent avec acharnement l’entrée de Paris aux Alliés. A la première Restauration, ayant signifié son adhésion au nouveau gouvernement, il est nommé pair de France par Louis XVIII et maintenu dans son commandement. Napoléon, revenu d’Elbe, confirme Moncey dans sa pairie. A son retour, Louis XVIII la lui retire.
Moncey, chargé de présider le jugement du maréchal Ney, adresse au Roi une lettre motivant son refus, lettre qui fera sensation. Louis XVIII le destitue et ordonne son emprisonnement mais le commandant prussien du fort de Ham refuse d’incarcérer le maréchal. Moncey montre alors tout son sens de l’honneur : il s’emprisonne lui-même, dans une auberge d’abord, puis dans son château, certainement plus confortable.
Le Roi lui restitue son bâton de maréchal le 3 juillet 1816, le titre de pair de France en 1819. Il continue sa carrière militaire. Présent lors du retour des cendres de l’Empereur, en décembre 1840, il dira "A présent, rentrons mourir". Il meurt le 20 avril 1842.