Metternich Klemens Wencelas Lothar, ministre autrichien.

samedi 20 décembre 2008


Klemens Wencelas Lothar
(Coblence, 1773 - Vienne, 1859)

Ministre et chancelier autrichien, adversaire de Napoléon, artisan de son mariage avec Marie-Louise. Personnage essentiel de la période : c’est lui l’instigateur de la politique étrangère de l’Autriche.

Metternich, issu de la haute noblesse rhénane, étudie d’abord à l’université de Strasbourg en 1788, où il rencontre Benjamin Constant. Un an plus tard, il est témoin des débordements de la Révolution, ce qui renforce sa tendance conservatrice.

Diplômé de droit, il entre dans la diplomatie à Bruxelles. En 1794, les armées révolutionnaires chassent la famille Metternich de leur domaine de Winneburg. Ils s’installent alors à Vienne, où le jeune Klemens épouse Eléonore de Kaunitz, petite-fille d’un célèbre chancelier autrichien. Par ce mariage, il s’introduit dans les hauts cercles politiques.

Metternich assiste au Congrès de Rastatt, où il manque de quelques jours son futur adversaire, Bonaparte. En 1803, il représente l’Autriche à Berlin, auprès des souverains de Prusse. Il tente en vain de les gagner à la coalition contre la France. En 1806, il est désigné pour remplacer Stadion, devenu chancelier, à la cour de Saint-Pétersbourg quand l’Empereur français exprime le désir d’avoir à Paris "quelqu’un de la maison Kaunitz". Ce sera lui.

A Paris, Metternich a 33 ans. Il maîtrise parfaitement le français. Il obtient vite ses entrées dans le monde, devient l’amant de Laure Junot et de Caroline Bonaparte. Il entretient de bonnes relations avec Talleyrand.

En 1808, il estime que Napoléon n’en a plus pour longtemps. Il adresse des rapports optimistes à Vienne. L’Autriche déclare la guerre à la France : elle est battue à Wagram, en juillet 1809. Metternich doit signer l’humiliante paix de Vienne. Il écrit à son empereur : "A partir du jour de la signature de la paix, notre système consistera exclusivement à louvoyer, à éviter tout engagement et à flatter. C’est ainsi seulement que nous réussirons à exister jusqu’au jour probable de la délivrance générale". Une tactique qui va jusqu’à offrir à Napoléon la main de Marie-Louise, fille de l’empereur autrichien en 1810. Metternich négocie le mariage et signe le traité par lequel l’Autriche adjoint un corps de 30 000 hommes à la Grande Armée.

En 1812, après le désastre de la campagne de Russie, le vent semble tourner. A la veille de la campagne d’Allemagne (1813), il se propose comme médiateur entre la Russie et la Prusse d’un côté, l’Empereur de l’autre. Napoléon refuse la moindre concession territoriale. Pour conclure un entretien agité, Metternich lance avec superbe : "Vous êtes perdu, Sire ! Je m’en doutais en venant ici, maintenant je le sais !". L’Autriche joint alors 200 000 hommes à la sixième coalition, celle qui passe les murs de Paris et force l’Empereur à abdiquer.

Metternich est l’un des principaux acteurs du Congrès de Vienne. Il se dépense sans compter pour obtenir un certain équilibre européen et favorise la création d’une Confédération germanique de 39 Etats souverains, présidée par l’Autriche. Il tempère l’esprit de revanche contre la France et se montre soucieux de rétablir l’influence autrichienne en Italie.

Pendant le reste de sa carrière, il œuvre au maintien de l’ordre établi en 1815. Chancelier, il réserve ses efforts à la politique extérieure, semblant se désintéresser des affaires intérieures. Il avoue lui-même : "Je gouverne l’Europe parfois, l’Autriche jamais". C’est ainsi qu’il participe aux différentes répressions des mouvements libéraux à Naples, dans le Piémont ou en Espagne.

En mars 1848, des émeutes éclatent en Autriche qui provoquent la fuite de Metternich. Il se réfugie quelque temps à l’étranger pour revenir en Autriche, où il meurt en 1859.


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