La Garde à pied
L’acte de naissance de la Garde : le décret du 18 mai 1804 qui crée la « Garde Impériale » à partir de l’ancienne Garde des Consuls.
La Garde à pied comprend pour l’essentiel les deux grands Corps, Corps des Grenadiers à pied et Corps des Chasseurs à pied, ainsi que les marins de la Garde et des unités parfois provisoires comme les pupilles de la Garde. Chacun des deux grands Corps est en lui-même un ensemble et comprend des unités d’ancienneté différente, de la Vieille Garde à la Jeune en passant par la Moyenne :
Corps des Grenadiers à pied
Grenadiers à pied (VG)
Fusiliers-grenadiers (MG)
Tirailleurs-grenadiers (JG)
Conscrits-grenadiers (JG)
Tirailleurs (JG)
Flanqueurs-grenadiers ( JG)
Vétérans (VG)
Corps des Chasseurs à pied
Chasseurs à pied (VG)
Fusiliers-chasseurs (MG)
Tirailleurs-chasseurs (JG)
Conscrits-chasseurs (JG)
Voltigeurs (JG)
Flanqueurs-chasseurs (JG)
Gardes Nationaux (JG)
GRENADIERS A PIED
A la formation, un seul régiment à 2 bataillons de 8 compagnies à 102 hommes chacune (dont 80 simples grenadiers) ; en outre, 1 bataillon de vélites à 5 compagnies de 191 hommes chacune. En 1806, un second régiment est formé. Chaque régiment comprend 2 bataillons de 8 compagnies de 122 hommes. Les vélites constituent un régiment de 2 bataillons, avec la même formation qu’en 1804, les compagnies à 170 hommes.
En 1808, les deux régiments sont amalgamés en un seul. En 1810, lors de l’annexion de la Hollande, le régiment des Grenadiers de la Garde royale hollandaise devient le 2° régiment des grenadiers à pied ; il prendra le n°3 en 1811, lorsque le 2° régiment français est reformé (pratiquement détruit en Russie, le régiment des grenadiers hollandais sera dissous début 1813).
En 1815, il y aura 4 régiments de grenadiers à pied, mais les 3° et 4° seront appelés « Moyenne Garde ».
CHASSEURS A PIED
Les Chasseurs de développent et se réorganisent d’une manière exactement parallèle à celle des Grenadiers, et toujours aux mêmes dates. Ils recrutent en théorie dans l’infanterie légère alors que les Grenadiers recrutent dans l’infanterie de ligne.
MARINS DE LA GARDE
Ils complètent la Vieille Garde à pied. Formés dès septembre 1803, il s’agit d’un bataillon à 5 « équipages » de 5 escouades chacun (30 hommes par exemple). Malheureusement, une grande partie des Marins était à BAYLEN, où malgré une très belle conduite, ils seront anéantis. Il ne reste en 1809 qu’un seul équipage.
En septembre 1810, le Corps des Marins de la Garde est réformé, à l’effectif de 1 140 hommes environ, répartis en 6, puis en 8 équipages. Mais les effectifs ne seront pas régulièrement renouvelés puisqu’en 1813, on ne trouve plus au corps que 350 Marins.
Dans la nouvelle Garde de 1815, on trouvera pour le principe un équipage de Marins, à 150 hommes.
FUSILIERS DE LA GARDE
En octobre 1806, sont formés les Fusiliers-chasseurs, en 2 bataillons de 4 compagnies (150 hommes chacune). Le 1° bataillon est formé à partir des seconds bataillons des régiments de vélites, le 2° bataillon avec des conscrits.
En 1811, chaque bataillon reçoit une 5° compagnie (connue sous le nom de compagnie des fusilliers-sergents), et une 6° en décembre 1813 - à ce moment, les compagnies ne sont plus que de 120 hommes. Les 2 régiments de Fusiliers, qui forment la Moyenne Garde à pied (avec les Grenadiers Hollandais) seront dissous en 1814 et non réformés, du moins sous ce nom, en 1815.
JEUNE GARDE
En janvier 1809, l’Empereur, qui est en Espagne mais sent monter déjà une menace autrichienne, ordonne la formation d’un régiment de Tirailleurs-grenadiers et d’un régiment de Tirailleurs-chasseurs, à partir de conscrits ; chaque régiment compte 2 bataillons de 4 compagnies à 160 hommes chacune. Fin avril, un second régiment de chaque type vient s’ajouter au premier. Entre temps, en mars 1809, 2 régiments de Conscrits-grenadiers et 2 régiments de Conscrits-chasseurs avaient mis sur pied, avec une organisation semblable à celle des tirailleurs.
En janvier 1810, une sorte d’homogénéisation est faite : les 1° et 2° régiments de tirailleurs, les 1° et 2° régiments de voltigeurs sont créés, respectivement à partir des régiments correspondants de Tirailleurs-grenadiers et de Tirailleurs-chasseurs. En février 1811, ce sont les régiments de Conscrits-grenadiers et Conscrits-chasseurs qui prennent respectivement les n°3 et 4 des tirailleurs et des voltigeurs ; puis les 5° et 6° régiments sont créés, toujours parallèlement, respectivement en mai et en août 1811. Au début de 1813, c’est l’inflation : on arrive à 16 régiments de tirailleurs et autant de voltigeurs, et au début de 1814, ce sont les régiments 17 et 19 qui sont créés
En 1815, la Jeune Garde reconstituée ne comprendra plus que 4 régiments de tirailleurs et 4 de voltigeurs.
AUTRES CORPS
Il nous reste enfin à examiner quelques corps divers complétant l’infanterie de Garde :
Vélites de Turin et de Florence : 1 bataillon chacun, créés en avril 1809. Leur organisation (comme d’ailleurs leur uniforme) les apparente aux Fusiliers de la Garde.
Flanqueurs-chasseurs : le régiment est créé en septembre 1811. Bien que faisant partie de la Moyenne Garde, il est organisé comme les régiments de la Jeune Garde. Le régiment « parallèle », celui des Flanqueurs-grenadiers, ne sera créé qu’en mai 1813.
Pupilles de la Garde : régiment créé en août 1811 à partir des 2 bataillons de vélites royaux hollandais (généralement des orphelins fils de soldats morts en service), ce corps comptera jusqu’à 9 bataillons. En 1813, il n’en aura plus que 2, les autres ayant été peu à peu incorporés dans la Jeune Garde à mesure de la formation des régiments de tirailleurs et de voltigeurs.