La Garde à cheval

samedi 21 février 2009
par emmanuel desanois


DES ORIGINES A 1812

A l’origine de la Garde, 2 corps seulement :
- les grenadiers à cheval (4 escadrons),
- les chasseurs à cheval (5 escadrons) auxquels est rattaché l’escadron des Mamelouks (d’origine égyptienne au début, mais au sein desquels, la proportion des français augmentera sans cesse ; à la fin de l’Empire, il ne restera guère plus d’une vingtaine d’authentiques mamelouks).

A ces 2 régiments il convient d’ajouter 2 escadrons de Gendarmes d’élite.

L’organisation est semblable à celle de la cavalerie de la ligne, à ceci près que les escadrons sont beaucoup plus souvent à leur effectif théorique de 200 hommes (alors que, rappelons-le, 160 hommes représentent pour la ligne une moyenne bien plus raisonnable). Outre les escadrons de base, 4 compagnies de vélites (100 hommes par compagnie) sont rattachée à chaque régiment.

En 1806, sont créés les Dragons de la Garde, qui seront appelés « Dragons de l’Impératrice » en imitation du régiment de dragons de la Reine Louise de Prusse. Formé d’abord à 1 escadron, puis à 4 (200 hommes par escadron), le régiment est très largement recruté parmi les vélites des autres régiments de la Gard.

En 1807, lors de l’entrée de Napoléon en Pologne, est décidée la formation du régiment des Chevau-légers polonais, recrutés dans la noblesse. Les 4 escadrons ne recevront la lance qu’en 1809, après Wagram.

Quant au régiment de Chevau-légers de Berg, recruté par MURAU lors de son passage à la tête du grand-duché de BERG et CLEVES, et qui s’est distingué en Espagne, il est rattaché à la Garde fin 1808, puis dissous début 1809 et incorporé aux chasseurs à cheval de la Garde. Un autre régiment, celui des chasseurs à cheval de BERG, reçoit la lance en 1809 et est ensuite rattaché à la Garde.

En 1812, à la veille de l’entrée en Russie, la cavalerie de la Garde reçoit divers compléments :
- les grenadiers à cheval passent à 5 escadrons,
- les chasseurs à cheval de même,
- les dragons de même,
- les chevau-légers polonais de même,
- le 2° chevau-légers lanciers de la Garde (dit « Lanciers Rouges »), créé en 1810 à partir du régiment de hussards de la Garde Hollandaise, passe lui aussi à 5 escadrons, - un 3° chevau-légers lanciers de la Garde est créé en 1812 avec un recrutement lithuanien, à mesure que cette province russe peuplée de Polonais est « libérée » par l’avance française ; la vie de ce régiment sera courte, il sera anéanti avant la fin de la campagne.

Enfin, à chacun des 3 régiments de lanciers est attaché théoriquement un escadron de Tartares Lithuaniens (à 120 hommes) recruté parmi les nobles d’origine asiatique, établis dans le pays depuis plusieurs siècles. En pratique, seul l’escadron attaché au 3° lanciers aura un peu de consistance.

RETOUR DE RUSSIE

Comme celle de la ligne, la cavalerie de la Garde est presque anéantie en Russie. Recrutés hâtivement, les régiments se reforment, mais on distingue maintenant au sein de plusieurs d’entre eux, des escadrons de Vieille Garde et des escadrons de Jeune Garde :
- les grenadiers à cheval ont 4 escadrons de Vieille Garde et 2 escadrons de Jeune Garde,
- les chasseurs à cheval ont 5 escadrons de Vieille Garde et 3 de Jeune Garde,
- les lanciers polonais ont 3 escadrons de Vieille Garde, 3 de Moyenne Garde et 1 de Jeune Garde,
- les dragons ont 4 escadrons de Vieille Garde et 2 de Jeune Garde,
- quant aux lanciers rouges, ils ont maintenant 10 escadrons dont 5 de Moyenne Garde et 5 de Jeune Garde.

En outre, 3 régiments d’éclaireurs armés de la lance sont formés, en principe à 4 escadrons de 250 hommes, et rattachés, le premier aux grenadiers à cheval, le second aux dragons et le troisième aux lanciers polonais (les 2 premiers régiments d’éclaireurs sont d’ailleurs à recrutement français et le troisième à recrutement polonais). Leur nombre d’escadrons, et plus encore l’effectif par escadron, est cependant dans la pratique bien inférieur. Tous les éclaireurs font bien entendu partie de la Jeune Garde, sauf un demi escadron du 1° régiment, qui est de Vieille Garde.

A noter enfin, la création, fin 1813, de 4 régiments de Garde d’honneur, recrutés parmi les fils des familles nobles de France, de Belgique et d’Italie. Certains d’entre eux se comporteront remarquablement pendant la campagne de France ; d’autres connaîtront des difficultés de recrutement ou même un taux élevé de désertions...

LES CENT-JOURS

La cavalerie de la Garde, organisée en escadrons d’environ 160 hommes, ne comprendra plus que :
- 1 régiment de lanciers à 5 escadrons, 1 de polonais et 4 de lanciers rouges,
- 1 régiment de chasseurs à cheval à 4 escadrons,
- 1 régiment de grenadiers à cheval à 4 escadrons,
- 1 régiment de dragons à 4 escadrons.


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