De Ségur, Louis-Philippe, comte.
Comte de Ségur
(Paris, 1753 - Paris, 1830)

Sénateur et grand-maître des cérémonies sous l’Empire.
Fils d’un maréchal. En 1783, Ségur suit Rochambeau en Amérique, où il gagne le grade de colonel. De retour l’année suivante, il est nommé ambassadeur en Russie. A Saint-Pétersbourg, il plaît à Catherine II et parvient à resserrer les liens économiques entre la France et la Russie.
La Révolution le rappelle à Paris. En 1791, le roi le nomme ambassadeur à Rome mais Pie VI lui ferme sa porte. Il est envoyé à Berlin pour dissuader le roi de Prusse de se joindre à la coalition anti-française. Le souverain le reçoit également fort mal et Ségur se retire alors dans ses terres pour écrire.
Il n’est pas inquiété pendant la Révolution. Vient le Consulat. Ségur est assez prudent pour ne pas publier tous ses ouvrages, connaissant l’antipathie de Bonaparte pour les écrivains. En 1801, il devient député du Corps législatif. Il sait plaire au Premier Consul : pour justifier un léger retard qui avait exaspéré Napoléon, Ségur explique qu’en se rendant au palais, il a eu le malheur "de donner dans un embarras de rois". Il y avait en effet six rois étrangers à Paris à ce moment-là.
A l’avènement de l’Empire, Ségur est comblé de titres : Grand-Maître des cérémonies, Grand-Aigle de la Légion d’Honneur, Grand officier civil de la couronne, comte d’Empire, enfin Sénateur. S’il se rallie à Louis XVIII à la première Restauration, il se rachète en revenant à Napoléon lors des Cent-Jours, en défendant la succession de Napoléon II, en se proposant comme compagnon pour Sainte-Hélène (ce qui lui sera refusé).
Louis XVIII lui accorde son pardon en 1819. Ségur revient siéger à la Chambre des Pairs où il défend les idées libérales. Il meurt en 1833, peu de temps après avoir vu avec joie débuter la monarchie de Juillet.
Son fils, Philippe-Paul de Ségur, devient aide de camp de l’Empereur et l’accompagne dans la campagne de Russie en 1812, avec le grade de général de brigade. Il a laissé une Histoire de Napoléon et de la Grande Armée en 1812, précieuse pour les historiens.