David, peintre.

vendredi 19 décembre 2008


Jacques-Louis
(Paris, 1748 - Bruxelles, 1825)

Conventionnel, régicide, peintre néo-classique d’Histoire (Rome, la Grèce, l’Empire de Napoléon), David est l’un des rares grands artistes français de la période.

David, fils d’un marchand mercier, est orphelin à 9 ans. Il est élevé par ses oncles maternels qui encouragent son goût pour le dessin. Après d’honnêtes études secondaires, il commence à étudier la peinture sous la direction de Joseph-Marie Vien, le plus célèbre peintre d’histoire et professeur de son temps, à qui l’a recommandé le peintre François Boucher, un lointain parent. Admis à suivre les cours de l’Académie royale de peinture, c’est seulement en 1774 qu’il obtient le prix de Rome. L’année suivante, il part pour Rome avec Vien, nouvellement nommé Directeur de l’Académie de France. Durant ce séjour de cinq ans dans la ville des papes (1775-1780), David dessine d’après les maîtres de la Renaissance et d’après l’antique. Il étudie également la peinture du XVIIème. Quand il rentre en France, son répertoire s’est enrichi de formes et de sujets qu’il ne cessera de consulter tout au long de sa carrière.

Ses conceptions esthétiques s’affirment déjà nettement dans le Bélisaire (1780) puis dans La Douleur d’Andromaque, son morceau de réception à l’Académie. Ayant reçu commande d’un tableau d’histoire pour le roi, il décide de retourner à Rome pour l’éxécuter. De ce second séjour romain en 1784-1785 naît le Serment des Horaces qui est salué au Salon de 1785 comme le manifeste de l’école néo-classique.

En 1789, David s’enflamme pour la Révolution. Il va jouer un rôle important dans la vie artistique française, notamment en montant à l’assaut de l’Académie de peinture dont il inspire, à la Convention, la suppression en août 1793. Elu député dans cette même assemblée, il devient membre influent du Comité d’Instruction publique.

Régicide, montagnard, il entre au Comité de Sûreté Générale. C’est à lui qu’incombe l’organisation des fêtes révolutionnaires ; on le charge d’immortaliser les martyrs. Il peint La Mort de Marat regardé comme son chef d’œuvre et La Mort de Le Pelletier de Saint-Fargeau, malheureusement disparu. Son activité politique et l’accélération des événements l’empêchent toutefois d’achever Le Serment du Jeu de Paume, qui aurait dû être la grandiose solennisation à l’antique d’un événement contemporain. Emprisonné un moment après la chute de Robespierre, il reprend son activité de peintre.

Il réalise alors quelques portraits et entreprend l’Enlèvement des Sabines qu’il achève en 1799.

David se rallie très tôt à Bonaparte qu’il admire beaucoup. Premier peintre de Napoléon, il consacre désormais tout son talent à servir la gloire du nouveau maître. En 1801, avec le Passage du Grand Saint-Bernard, il représente le Premier Consul dans une prodigieuse allégorie du héros franchissant les Alpes sur un cheval cabré. Il est également l’auteur d’un portrait de Madame Récamier et d’un Autoportrait.

En 1812, il livre le portrait en pied de l’Empereur dans son cabinet de travail aux Tuileries. Napoléon le charge de commémorer dans d’immenses compositions les cérémonies marquant les fastes du régime impérial. L’ampleur de la tâche le limite à l’éxécution du Sacre (1806-1808) et de la Distribution des Aigles (1810), deux toiles dont le réalisme de détail se soumet à une ordonnance grandiose. Il n’abandonne pas pour autant l’Antiquité et achève en 1814 le Léonidas aux Thermopyles commencé quinze ans plus tôt comme pendant aux Sabines. Passant de l’histoire de Rome à celle de la Grèce, David s’efforce d’atteindre avec ces deux œuvres monumentales aux sources les plus pures de l’Antiquité, tant sur le plan du dessin et de l’éxécution que du contenu moral.

Resté fidèle à Napoléon pendant les Cent- Jours, le retour de Louis XVIII après Waterloo l’oblige à l’exil à Bruxelles, où il meurt le 29 décembre 1825. Cette dernière étape de sa carrière est marquée par de nombreux portraits, certains d’une facture éblouissante comme celui en 1817 de Sieyès.

En revanche, ses œuvres d’inspiration mythologique ne connaissent qu’un succès mitigé, tel son ultime grande toile, Mars désarmé par Vénus et les Grâces (1821-1824). Le tableau étonnera par l’extrême audace du coloris et l’intrusion du réalisme dans l’idéal. Ainsi, en guise de testament artistique, David renouait avec ses tentatives anciennes de réconcilier le dessin et couleur.


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