Bagration.
Piotr Ivanovitch, prince
(Kisljar (Caucase), 1765 - Sima, (Vladimir), 1812)

Général russe. Il s’illustre à Eylau et meurt à Borodino.
Bagration s’engage comme simple sergent dans l’armée russe en 1782. Il est colonel dans l’armée de Pologne en 1794. Souvorov qui l’a remarqué, le prend avec lui pour la campagne d’Italie. Le 10 avril 1799, Bagration s’empare de Brescia ; le 15, il défait Sérurier ; le 16, il fait reculer Moreau à Marengo. A Trebia, il commande l’avant-garde des forces combinées austro-russes.
Souvorov subitement en disgrâce auprès du tsar Paul 1er, son bras droit, Bagration, se retrouve également inactif. En 1801, Alexandre 1er succède à son père. Bagration bénéficie d’un retour de faveur. En 1805, il commande l’avant-garde de l’armée de Kutuzov, qui se porte au secours des Autrichiens. Encerclé par les corps de Murat et de Soult, il doit affronter une force numérique quatre fois supérieure. Bagration refuse de se rendre. Il met le feu au village d’Hollabrunn et combat au corps à corps. Enfin, stratagème de désespéré, il fait marcher en colonne sur l’ennemi et s’écrie "Ne tirez pas, nous sommes Français". Il passe, bien qu’il ait perdu près de la moitié de ses hommes.
Promu lieutenant général, il s’illustre à Eylau et à Friedland. C’est Bagration qui, le 20 juin 1807, entame les pourparlers avec Murat qui déboucheront sur la paix de Tilsit entre la France et la Russie. Bagration, dans l’armée qui combat les Suédois, accumule les victoires. Le tsar le dote d’une terre et lui confie l’armée de Moldavie. Mais, défait à Tartaritza contre les Turcs, il est remplacé.
En 1812, quand les Français entrent en Russie, Alexandre 1er le place à la tête de l’aile gauche de l’armée. Bagration parvient à louvoyer entre les corps de Davout et de Jérôme et à joindre le gros de l’armée russe, juste à temps pour la bataille de Smolensk. Il combat également à Valentino. A Borodino, le 15 septembre, il subit l’essentiel de l’attaque française, sur la gauche de son armée. Il résiste vaillamment mais reçoit une blessure mortelle en fin de journée. Transporté à Moscou puis à Sima quand les Français entrent dans la capitale, il meurt après une agonie de quinze jours.