Alexandre Ier, Tsar de Russie.
Tsar de Russie (1801 - 1825)
(Saint-Pétersbourg, 1777 - Taganrog, 1825)

Le règne d’Alexandre 1er , tsar de Russie, coïncide presque exactement avec celui de Napoléon. Les deux hommes se sont combattus à plusieurs reprises. C’est Alexandre qui, en 1814, conduit les Alliés à la victoire. Au plan intérieur, il se comporte plutôt comme un despote mal éclairé.
Catherine II - la grande Catherine - confie l’éducation de son petit-fils Alexandre à un libre-penseur aux idées républicaines, César-Frédéric La Harpe. Le jeune homme, destiné à devenir tout-puissant, s’imprègne de libéralisme. Il fréquente de jeunes intellectuels russes qui s’opposent à son père, le tsar Paul 1er. Ensemble, ils fomentent un complot qui aboutit, contre le gré d’Alexandre, à l’assassinat de Paul 1er, en mars 1801.
Alexandre 1er, devenu tsar, entame une série de réformes libérales. Il préside un Comité formé de ses amis anglophiles, chargé d’étudier une refonte des institutions. Le Sénat se voit attribuer le droit de remontrance et des ministères sont créés. Mais le servage n’est pas aboli. Les différents projets de constitution libérale qu’Alexandre caresse de temps à autre ne verront jamais le jour.
En politique extérieure, Alexandre 1er semble tiraillé entre l’anglophilie de ses amis et une certaine admiration pour Bonaparte. Le tsar signe un traité de paix avec l’Angleterre en juillet 1801 et, quelques mois plus tard, un accord secret avec Bonaparte. Mais en 1804, l’exécution du duc d’Enghien, puis l’avènement de l’Empire, le rejettent dans le camp des ennemis de Napoléon. Il se joint à la troisième coalition contre la France en avril 1805, aux côtés de l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Suède.
C’est un homme de belle prestance, cultivé, élégant. Alexandre est plein de grâce et se trouverait de niveau avec tout ce qu’il y a de plus aimable dans les salons de Paris, dira plus tard Napoléon. En ajoutant : "Mais c’est son faible de se croire savant dans l’art de la guerre". Le tsar refuse de suivre les conseils de prudence de son général Kutuzov. Il est défait à Austerlitz le 2 décembre 1805, puis à Friedland le 14 juin 1807. Le 7 juillet 1807, après l’entrevue de Tilsit au milieu du Niémen, sur un radeau, avec Napoléon, il signe un traité de paix où il reconnaît les conquêtes françaises et adhère au blocus continental. Sans opposer de refus formel, il ne répond pas à l’Empereur qui lui demande la main de sa sœur.
Napoléon a besoin de son appui pour contenir l’Autriche. En octobre 1808, il rencontre le tsar à Erfurt mais l’entrevue n’est guère concluante. Dès 1809, Alexandre 1er s’oppose à la reconstitution de la Pologne. Le blocus continental paralyse l’économie et l’alliance avec la France est très mal considérée.
Les deux empereurs auraient-ils pu s’entendre ? "Si l’affection d’Alexandre pour moi a été sincère, c’est l’intrigue qui me l’a aliéné. Des intermédiaires n’ont cessé en temps opportun de lui parler du ridicule dont je l’avais accablé, disaient-ils, l’assurant qu’à Tilsit et à Erfurt, il n’avait pas plutôt le dos tourné que je m’égayais à son sujet. Alexandre est fort susceptible, ils l’auront facilement aigri. Rien n’était plus faux : il me plaisait et je l’aimais". (Napoléon)
En fait, les intérêts sont trop divergents entre les deux empires, entre les deux empereurs. Ce sera donc la campagne de Russie en 1812. En février 1813, c’est Alexandre 1er qui lance l’appel qui conduit les Alliés à Paris et Napoléon à l’abdication.
Vainqueur, Alexandre 1er se montre clément et s’oppose au démembrement de la France. Lors du Congrès de Vienne, devenu le monarque le plus puissant, il tente de faire valoir ses idées, de plus en plus mystiques ; il veut asseoir la diplomatie sur les principes chrétiens. En septembre 1815, Alexandre, l’orthodoxe, crée la Sainte- Alliance avec la Prusse (protestante) et l’Autriche (catholique) - officiellement, un accord destiné à faire régner la paix et l’harmonie entre les peuples chrétiens. En fait, une association de monarques pour réprimer les révolutions naissantes, en Italie et en Espagne.
Le tsar semble las d’un pouvoir qu’il n’a pas réussi à utiliser pour faire de grandes choses. Son mariage à 16 ans avec une princesse de 14 ans n’a jamais été heureux. Il meurt subitement, alors qu’il était en déplacement à Taganrog, le 19 novembre 1825. La légende veut qu’il ait pris l’identité d’un ermite et que son tombeau soit vide. ie