Abbé Sieyès, Emmanuel-Joseph, Homme d’Etat.
Emmanuel-Joseph, abbé, Homme d’Etat
(Fréjus, 1748 - Paris, 1836)

Artisan, avec Bonaparte, du coup d’Etat du 18-Brumaire (1799) qui marque la naissance du Consulat.
"Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose". Avec la brochure Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Sieyès, chanoine de Tréguier (1775) et vicaire général de Chartres (1787), se trouve propulsé en plein cœur des événements politiques de 1789.
Député aux Etats généraux et à la Constituante, Sieyès propose de diviser la France en départements. En 1791, il défend le suffrage censitaire. Discret sous la Terreur, il refuse la place de Directeur en 1795 pour s’occuper de politique étrangère mais entre quand même au Directoire en mai 1799. Estimant que la Révolution s’est égarée, il veut doter la France d’une nouvelle Constitution. Le coup d’Etat du 30-Prairial, qu’il orchestre, ne suffit pas. Il lui faut "une épée". Il songe un moment au général Joubert, mais celui-ci est tué à la bataille de Novi, le 15 août 1799.
Lorsque le général Bonaparte rentre d’Egypte, Moreau dit à Sieyès : "Voilà votre homme".
Bonaparte voit en Sieyès un "vieillard dans les nuages". Pour ce dernier, le général n’est qu’un "jeune aventurier", mais l’abbé reconnaît que "de tous les militaires, c’est encore le plus civil".
Talleyrand et Fouché se chargent d’entremettre les deux personnalités. Sieyès joue un rôle déterminant dans la préparation du coup d’Etat du 18-Brumaire. Il est, l’un des trois consuls provisoires et participe à la rédaction de la Constitution de l’an VIII. Mais Bonaparte modèle celle-ci selon ses intérêts et évince Sieyès. Il le nomme cependant sénateur en 1800 et le fait comte d’Empire en 1809. Sous la Restauration, Sieyès est proscrit en tant que régicide et se retire à Bruxelles. Il ne rentre en France qu’après la Révolution de juillet 1830.