Royaume d’Espagne
par Philippe BORREILL - Kriegspiel Rhône-Alpes Club
L’armée espagnole 1808/14
L’armée espagnole du premier empire constitue un cas d’espèce, si les armes françaises " sont allées de victoires en victoires jusqu’à la défaite finale ", l’Espagne est " allée de défaites en défaites jusqu’à la victoire finale " ayant réussi, avec l’aide des troupes britanniques et alliées, à chasser l’envahisseur de son territoire au cours de " la guerra de independencia " . Virtuellement annihilée dés les combats de 1808/09, elle n’a eu de cesse de revenir, toujours et toujours, sur les champs de bataille... Les seules données sures auxquelles l’on puisse avoir accès couvrent deux périodes séparées par des années d’incertitudes (1808/1815) souvent meublées par des sources étrangères, très souvent jugeant les armées espagnoles avec commisération (sources françaises, anglaises, ...) .
Son recrutement est constitué de trois modes : ¨ Embauchage ¨ Engagements volontaires ¨ Quintas L’embauchage est pratiqué par des recruteurs " style presse de la marine ", les quintas fournissent la Milice Provinciale, mais reste limitée à des régions peu nombreuses pour raisons légales ; d’où une qualité de la troupe plus que moyenne.
La durée du service actif étant illimitée, le soldat, usé sous le harnais, est alors versé dans des compagnies d’invalides, sauf dans le cas de la milice provinciale où le service était limité à dix ans.
Nous ne les traiterons pas, mais il existait une deuxième réserve (en sus de le Militia Provincial) : la Milicia Urbana totalisant 240 compagnies :
114 compagnies chargées de la garde des côtes de la Galicie, d’Andalousie et de Grenade ; ainsi que la frontière du Portugal ;
41 compagnies d’invalides habiles, servant de retraite pour les vétérans et chargée de la police de plusieurs villes ;
85 compagnies fixes, dont deux de cavalerie à Ceuta, chargées de la garde des fortifications, alors en état de délabrement, ornant le pourtour espagnol de la Méditerranée.
Les cadres étaient recrutés dans les régiments, ou sortaient des cadets, les sergents y disposaient du tiers des places et étaient proposés par leurs colonels ; les autres cadets provenaient de la noblesse et des familles riches du royaume (propriétaires terriens en majorité) effectuent un service de durée inversement proportionnel à leur noblesse ou à l’influence de leur famille ! ! !
Les cadres de la milice Provinciale sont sans doutes tous issus du groupe des propriétaires terriens. Ils allaient suivre les cours à Zamora pour l’infanterie et la cavalerie, à Alcala de Henares pour les armes savantes (artillerie et génie), il en résulte une formation médiocre d’un corps d’officier insuffisamment nombreux pour les besoins de l’armée espagnole (qui jouit du plus faible taux d’encadrement des armées européennes !).
Bref : d’excellents soldats, quelques généraux de valeur (mais pas trop), un corps d’officier trop faible.