Duché de Brunswick
Les troupes du duché de Brunswick
Tout d’abord, un peu de géographie : le Duché de Brunswick est un petit état du nord de l’Allemagne, situé entre le Hanovre au nord et à l’ouest, la Prusse à l’est et le Hesse-Kassel au sud. Sa capitale est Brunswick ou plutôt Braunschweig, comme on dit là-bas.
Membre du Saint Empire Germanique, ce petit état subit une forte influence de la Prusse voisine. Le dixième duc de Brunswick, Karl Wilhelm Ferdinand, alors chef de l’armée prussienne, est l’auteur du fameux manifeste qui entraîna la journée du 10 août 1792 et la condamnation de Louis XVI. Accessoirement, c’est aussi le « vaincu » de Valmy.
Lorsqu’en 1806, Frédérick-Guillaume, roi de Prusse, veut chercher quelques rognes à Napoléon, notre duc est à nouveau chef de l’armée. Battu à Auerstaedt, il y perdit ses troupes, sa vie et l’héritage de ses enfants. En effet, en 1807, le duché est incorporé au nouveau Royaume de Westphalie, confié à Jérôme Bonaparte. De rage, et on le comprend, le nouveau duc, Friedich Wilhelm, le fils du mort, s’exile en Autriche, dernier état allemand susceptible de lui offrir une revanche.
L’heure sonne en 1809. Encouragé par le soulèvement espagnol, Vienne réarme en vue de la revanche de 1805. Friedrich Wilhem reçoit alors l’autorisation du Haut Commandement autrichien de lever des troupes dans ses anciennes possessions.
Initialement, son corps s’élève à un régiment d’infanterie de 1 000 hommes répartis en deux bataillons à quatre compagnies et d’un régiment de hussards de 1 000 cavaliers également. A ce dernier est attachée une batterie d’artillerie à cheval de deux obusiers légers de 7 livres et de deux canons de 6 livres, avec huit caissons de munitions. L’équipement et l’armement sont fournis par l’Autriche. On note parmi les armes à feu, la dotation de 25 windbüchsen, des fusils à répétition à air comprimé, capables de tirer 12 coups à 150 m avant d’être rechargés par changement du cylindre de gaz. Cette arme, très en avance sur son temps, nécessite un entretien et des soins très particuliers ; ceci, avec la mort de son inventeur, Girardoni, explique son abandon et son oubli rapide.
Une autre caractéristique du contingent est le choix, en signe de deuil, de la couleur noire pour l’uniforme et d’un crâne et deux tibias entrecroisés pour les plaques de shakos. Ainsi naquit Der Schwarze Herzog, le « Duc Noir ». Die Schwarze Schar, la « Compagnie Noire ».